Avec Water Hoe, la Fondation Rabelais a choisi de récompenser une initiative mêlant à la fois l’innovation et l’écologie. Cette start-up familiale est née de la longue carrière de Claude Mesuré dans le milieu phytosanitaire. Il y a près de trente ans, cet ancien pâtissier vendait des adoucisseurs d’eau. « J’ai eu l’opportunité de racheter une société parisienne. C’est en fait un ingénieur qui m’a appris le métier… » Son entreprise, Aqua Phyto, se tourne vers le traitement des eaux en milieu agricole, maraîcher, horticole, céréalier, viticole, fruitier et en élevage. Ses objectifs étaient déjà la protection de l’environnement, la traçabilité afin de limiter les résidus de phytosanitaires dans le vin, les légumes et les céréales, la réduction des coûts d’intrants. « Aujourd’hui, plus de 700.000 ha sont traités par notre technique d’optimisation des produits phytosanitaires. Notre clientèle se décompose de la façon suivante : 40 % de céréaliers et d’éleveurs, 30 % de viticulteurs, 20 % de productions mixtes (vignes et céréales), 10 % de productions diverses (semences, maraîchage, arboricultures, plantes aromatiques). »

Recette écolo top secrète

Claude Mesuré développe en parallèle un nouveau concept de désherbage et lance Water Hoe il y a cinq ans pour être « capable de réduire de 95 % les pesticides et fongicides ». Il met alors au point un produit légèrement acide, dans lequel la charge électrique de l’eau a été augmentée pour atteindre les racines. « Le désherbage à l’eau chauffée à 90 degrés demande de gros volumes de liquide. Nous avons porté la vapeur d’eau à 200 degrés avec des produits naturels. » Notre Géo Trouvetout n’en dira pas plus sur sa recette écolo. C’est top secret. Puis il met au point des machines d’épandage. Il en existe aujourd’hui trois modèles différents : pour les collectivités locales, les vignes et les grandes cultures (notre photo). Cette dernière désherbeuse, d’une envergure de six mètres, subit actuellement une batterie d’essais dans le département du Gers. Visiblement, Claude Mesuré dérange les distributeurs de produits plus traditionnels forcément lobbyistes. « J’ai même reçu des menaces de mort lors d’une réunion à laquelle je participais dans le Maine-et-Loire ! » Loin d’être impressionné, il a confié la commercialisation de ses inventions — désormais brevetées — à sa fille Mélanie. Water Hoe, qui s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux collectivités, met ses machines en vente (20.000 € pièce) ou en location. Parmi ses clients potentiels, l’Office national des forêts se montre très intéressé. Après une première année d’exploitation, la société reçoit encore beaucoup de demandes d’essai. Mais les résultats sont à chaque fois probants : le désherbage est constaté à l’œil au bout de quarante-huit heures. Cette technique « made in Touraine » a déjà valu à Water Hoe d’être nominé pour le trophée de l’innovation organisé par le Crédit Agricole. Elle ne demande plus qu’à essaimer le plus possible dans nos sols.

 

Cette désherbeuse de six mètres de large est actuellement testée dans le Gers. (Photo Water Hoe)
Cette désherbeuse de six mètres de large est actuellement testée dans le Gers. (Photo Water Hoe)

Article rédigé par Bruno Pille Top des entreprises NR

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